Le président français a précisé lors d'une conférence de presse que tous les pays avaient accepté de mettre par écrit leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici janvier prochain.
Ils ont aussi accepté de consacrer 100 milliards de dollars par an d'aide aux pays en développement à compter de 2020 et d'examiner pour ce faire des financements innovants, a-t-il poursuivi.
"Pour emmener tout le monde, il faut accepter des compromis", a-t-il ajouté. "On n'est pas passé loin d'une absence d'accord."
Nicolas Sarkozy a estimé qu'il manquait deux choses à cet accord: l'objectif de réduction globale de 50% des émission de CO2 d'ici 2050 et la future création d'une Organisation mondiale de l'environnement pour vérifier la mise en oeuvre des engagements de chacun.
Il a souligné que cela constituait pour lui deux déceptions mais il a néanmoins ajouté qu'il assumait l'accord conclu à Copenhague.
"Cet accord, je le signe au nom de la France en conscience", a ajouté Nicolas Sarkozy, qui a estimé que c'était "le meilleur accord possible" en l'état actuel des choses.
Voici maintenant le point de vue de Greenpeace :
Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050, pas de calendrier ni de mandat pour la signature d’un traité l’année prochaine : difficile d’imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague que la déclaration présentée ce soir par Barack Obama et Nicolas Sarkozy. Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrit. Les quelques engagements chiffrés ne nous permettront pas de rester sous la barre des 2°c mais nous oriente plutôt vers plus de 3°c d’augmentation moyenne des températures, donc vers un chaos inimaginable. Copenhague est une régression par rapport à Kyoto.
L’Europe n’a jamais joué le rôle de leader qu’elle s’était arrogée, incapable de parler d’une seule voix avec par exemple les initiatives aventureuses et personnelles d’un Sarkozy, incapables d’augmenter son objectifs de réduction, de chiffrer son soutien aux pays en développement après 2012. Désespérément incapable également le président des USA, qui a terriblement déçu en s’inscrivant dans la droite lignée de George W Bush son prédécesseur. Quant à la Chine, si elle n’a pas facilité les négociations, il faut admettre qu’elle n’a pas à assumer comme les pays riches la responsabilité historique de la situation de crise climatique actuelle. C’était à l’Europe et aux USA de faire les propositions ambitieuses pour débloquer la situation. Un chinois n’émet que 4 tonnes de gaz à effet de serre par an, là où un Européen en rejette 10, et un Américain, 20.
La seule touche d’optimisme, la mobilisation de millions de personnes, au nord comme au sud, tous conscients de l’urgence et réclamant plus d’équité face aux dangers !
Nous ne pouvons changer la science, alors changeons de politique ! Et si nous ne pouvons changer de politique, alors changeons d’hommes politiques !
Reste un point d’interrogation : les dirigeants des pays riches ont cru être au G8, en annonçant la conclusion de l’accord puis en rentrant chez eux la tête basse. Mais ils ont juste oublié -fait significatif- que ce sont 190 pays du nord comme du sud, qui doivent ratifier ce texte désormais.
Je pense que la réalité est plutôt la version de Greenpeace ; alors à quand des dirigeants avec quelque chose dans le pantalon ???
Nicolas Sarkozy avait déjà débloqué des dizaines de milliards d’euros pour rétablir la santé des banques et leur permettre de se relancer dans les spéculations en tous genres. Il a annoncé hier qu’un emprunt de 22 milliards serait contracté pour financer des innovations propres à dynamiser la course aux profits des grands groupes. Sous les étiquettes flatteuses de financement de la recherche, de mise en place de filières d’excellence, d’éclosion d’une économie verte, le président vient de décider un nouveau transfert massif d’argent public au bénéfice des actionnaires. Quant à la formation, il supprime des dizaines de milliers de postes d’enseignants. La recherche ? Il démantèle l’organisme scientifique le plus productif au monde, le CNRS !
Une nouvelle fois, la droite pioche dans les poches des Français pour satisfaire les plus riches. Les marchés financiers qui s’enrichiront de cette dette se réjouissent. Quant à nous, le pire est à attendre de la conférence sur la dette publique envisagée pour janvier. Après avoir encore creusé le trou, le gouvernement va présenter l’addition aux Français, non pas à ceux que le bouclier fiscal a abrités de l’impôt sur les grosses fortunes ou sur les revenus, mais à ceux qui comptent sur les services publics pour améliorer la vie, ceux qui vivent de salaires modestes et non de rentes, ceux qui envoient leurs enfants à l’école publique plutôt que dans les établissements privés des beaux quartiers. Une austérité brutale est mitonnée dans les arrière-cuisines de Bercy, qui ne demande plus qu’à être servie. Les intérêts de l’emprunt et des faveurs accordées aux grands groupes de l’industrie et de la finance vont se payer en dizaines de milliers de postes de fonctionnaires supprimés, en salaires rabougris, en aides sociales comprimées. L’Élysée envisage aussi de brader les bijoux de famille, comme la filière électronucléaire française qu’il veut ouvrir aux capitaux privés On y cite très précisément les noms de l’allemand Siemens (qui vient de se retirer de Framatome peut-être pour exiger une plus grosse part du gâteau) ou le japonais Mitsubishi. C’est sous le signe de la privatisation qu’il veut mettre en place une politique d’énergie commune en Europe. Avec les lourds dangers que l’obsession des dividendes fera peser sur la sécurité. Voilà ce que le ministre Christian Estrosi dépeint comme « une décision ambitieuse et visionnaire ». Elle bégaie l’argument de ce Caillaux, ministre des Finances concoctant l’impôt sur le revenu, qui lançait : « Faites payer les pauvres ! Bien sûr, les riches ont la capacité de supporter des impôts plus lourds, mais les pauvres sont tellement plus nombreux… »
Victor Hugo écrivait : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. » Ce dernier prend de l’embonpoint. Jugez-en. Près de 70 milliards d’euros d’aides
d’État sont déjà versées aux entreprises, sans réelles contre-parties. L’équivalent de trois emprunts d’État, de trois fois et demie le déficit de la Sécu, neuf fois plus que le déficit des
retraites prévu en 2010… Il est utile de rapprocher certains chiffres pour démystifier les campagnes de conditionnement destinées à faire accepter demain la mise en cause de la retraite à 60 ans
ou de l’accès à la santé pour tous.
Par Patrick Apel-Muller " l'Humanité "
Quant à la Stampa (centre), elle s’insurge contre "les indignés à sens unique". "Nous avons reçu de nombreux messages de personnes qui expliquent ce qui s’est passé et le comprennent comme une réaction à un gouvernement qu’ils qualifient de +xénophobe, anti-démocrate et raciste+. (…) Comment est-il possible de démontrer une sensibilité à sens unique, se battre contre les violences et puis justifier une agression ?", commente le quotidien.
Tout en exprimant sa "solidarité" avec le chef du gouvernement, La Stampa, comme d’autres quotidiens, appelle l’ensemble des hommes politiques, y compris M. Berlusconi, à "baisser le ton et ouvrir la voie à une confrontation plus civile et respectueuse".
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